Evénements autour du bâti ancien en 2009
La Charte Patrimoine s'expose
Techniques & savoir-faire du bâti ancien du 7 au 9 novembre 2009 Au Parc des expos de Lorient
L'association UCQPAB (Union pour une Charte de Qualité du Patrimoine Architectural Breton) œuvre pour la sauvegarde du patrimoine bâti en Bretagne par la conservation, la promotion et la transmission des techniques et savoir-faire qui lui sont liés.
Cette exposition sera l'occasion pour les membres, les entreprises agréées et les collaborateurs de La Charte de se retrouver afin de présenter leur savoir-faire et les techniques du bâti ancien.
De la taille de la pierre au châssis 15è, vous pourrez approcher la technique de la limousinerie, la mise en place d'un pan-de-bois, des hourdis, des enduits en terre.
Démonstration de hourdis sur pan-de-bois et de travail du bois sur établi à 15 heures samedi 7 et dimanche 8.
Pour apprendre à connaître le bâti ancien, savoir le respecter, lui redonner toute sa valeur, venez nous retrouver au stand B5.
CONTACT Coordinatrice : Anne LE MEUR - La Charte Patrimoine - 3 rue Jean Lemaistre - 35000 RENNES
02 99 33 73 68 / 06 63 26 19 95 / ucqpab CHEZ wanadoo.fr / www.ucqpab.com
Un adhérent innove sur sa maison ancienne !
Le mercredi 28 octobre 2009 avait lieu à St Mayeux près de Mur-de-Bretagne (22), une présentation sur un chantier innovant sur une maison du XVIème siècle, propriété de Vincent Aubin et Valérie Le Sabazec, au lieu-dit Kerauter, magnifique hameau... Ceci sous l'égide de Bâtipole.
Le cahier des charges prescrit par les maîtres d'ouvrage à leur architecte, Pascal Ruffault de Loudéac, était celui-ci :
- le respect de l'architecture du bâtiment "cette maison a déjà 400 ans, et après nous, il y en aura d'autres !..." avec très peu d'interventions sur le gros oeuvre,
- une maison économe, presque autonome en énergie, avec pour résultat attendu, espéré ! de l'ordre de 38 kWh/m2/an, incluant le chauffage, l'eau chaude, la ventilation et l'éclairage,
- appel exclusivement à des entreprises locales... "pas si simple !" de trouver les compétences techniques et la sensibilité environnementale.
Une étude thermique a été réalisée pour guider l'architecte et les maîtres d'ouvrage pour le choix des matériaux.
La maison est orientée plein sud, sans ouverture au nord. Le principe retenu est audacieux :
- le toit du bâti principal et central, est divisé en deux longitudinalement : la partie supérieure accueille 18 m2 de panneaux solaires, et la partie inférieure constitue un puits de lumière, et ce sur toute la longueur du bâti principal !
- en dessous, une structure bois vitrée qui court du bas jusqu'en haut et sur toute la longueur du bâti, divise l'espace en deux parties, un sas le long du mur, très haut et large de 80 cm, et la partie habitée, avec deux niveaux. Ce sas laisse donc pénétrer la lumière du puits, il constitue une sorte de serre, que Valérie envisage d'ailleurs de peupler avec beaucoup de plantes grimpantes ! Et la partie habitée constitue donc une sorte de maison dans la maison.
Nous découvrons l'ensemble (la photo ne montre pas une dépendance tout à gauche).
L'intérieur du sas
Vue verticale de l'intérieur du sas.
Quelques points techniques :
- la dalle est de ciment, pour des raisons économiques et pour avoir une meilleure inertie thermique, est montée sur des panneaux de liège. C'est une dalle chauffante, alimentée en direct par les panneaux solaires, c'est un plancher solaire direct ; l'été, il y a une "boucle de décharge".
- Entre le rdc et l'étage, c'est une structure bois, avec une simple isolation phonique.
- Les murs et en particulier le mur nord (les autres sont des murs de refend) sont isolés par 20 cm de ouate de cellulose. La structure bois qui accueille cette isolation sera fermée par du placo (raisons économiques).
La ventilation est une simple flux, mais pas simple pour autant... Le sas préchauffe l'air, et cela suffit pour éviter la double flux. L'été, un circuit d'air de fort diamètre alimentera l'étage, en provenance d'une dépendance fraîche. L'hiver, l'air sera prélevé du haut de la serre pour alimenter l'intérieur. En cas de mauvais ensoleillement prolongé (ça arrive...) un poêle à bois prendra le relais.
Le jour de notre visite, était prévu le test de mise en dépression (ou surpression, au choix !) à 50 Pa (équivalent à un vent de 32 km/h sur toutes les parois) pour vérifier l'étanchéité à l'air de la partie centrale. Une porte d'entrée annexe a été remplacée par une autre équipée d'une puissante soufflerie. Une sonde mesure la pression dans le bâti. Pendant ce temps, le technicien parcourt l'intérieur avec un appareil fumigène pour détecter les éventuelles fuites. L'objectif est d'atteindre une surface totale de fuites équivalente à la surface d'une carte bancaire... hélas, il restait encore pas mal de boulot pour y parvenir ! il estimait qu'on était plus proche du format A3 que du format CB ! Des problèmes de fuites sous la baie vitrée en particulier, de murs de refend peu étanches susbistent.
Démarrage de la mise sous pression (50 Pa)
Test au fumigène
Une grosse fuite a été localisée sous la baie vitrée coulissante...
Revenons sur la façade :
Celle-ci a été remaniée de façon raisonnable et raisonnée.
- A droite, une partie a dû être remontée, quasiment à l'identique, en double parement (pas de parpaings !) L'escalier va être remonté jusqu'à son niveau initial pour permettre l'accès à la porte.
- Au centre, au dessus de la porte d'entrée, une ouverture a été pratiquée, laissant penser à une gerbière.
- A gauche, des ouvertures un peu particulières ont été créées : elles peuvent surprendre, mais elles obéissent à la logique habituelle de permettre aux habitants de voir à l'extérieur, outre d'apporter la lumière, mais comme celle-ci vient en abondance du ciel, le besoin est plus la vue... Enfin, la forme et les proportions de ces ouvertures s'inspire directement d?un pigeonnier sous la rive de toit sur la partie gauche, non montrée dans ces images. C'est étonnant !
Enfin, un test thermographique (avec une caméra thermique) aurait dû être réalisé... mais la trop grande douceur du temps nous en a privés ! il faut en effet 10°C minimum entre l'intérieur et l'extérieur pour que ce test fonctionne.
Cette innovation est remarquable ! on n'ose pas parler de rénovation, ni de réhabilitation, alors parlons d'innovation ! Des compromis ont été réalisés, comme toujours, ils sont audacieux et ont été réalisés en préservant l'essentiel du bâti.
Les regrets de l'auteur de ces lignes seraient :
- de s'être carrément coupé de l'énorme facteur inertiel que constitue une telle maison par l'isolation verticale en ouate de cellulose. Le mur au nord étant aveugle, il aurait été envisageable de l'isoler par l'extérieur, et préserver ainsi un élément essentiel de ces bâtisses, la sensation de la pierre, du mur, au lieu d'un corps creux. De plus, l'habillage en placo ne permet pas la perspiration de la paroi et impose donc une ventilation forcée. De plus, l'isolation par l'extérieur aurait permis d'envisager un chauffage mural... Exit aussi la fraîcheur en été, mais ce choix a manifestement été pensé et assumé.
Voici sur ce point un commentaire apporté par Vincent : "Concernant l'isolation du mur nord, sa perméabilité à l'air nous a conduit à l'isoler de l'intérieur et de plus, nous sommes en limite de propriété et il était difficilement concevable d'aller chez le voisin. Nous souhaitions également avoir un esprit "contemporain" à l'intérieur de la maison tout en gardant une vue sur un mur "brut" derrière la verrière. Ainsi, à aucun moment on oublie que l'on se trouve dans une bâtisse ancienne."
- le risque de surchauffe l'été paraît élevé, malgré les précautions prises. De plus, la nécessité de la ventilation forcée rend dépendant de l'approvisionnement en électricité, ce qui va quelque part à l'encontre du but recherché, une très basse consommation. Mais cette maison n'a pas l'ambition d'être une maison passive !
Mais ceci n'est pas irrémédiable ! De toutes façons, chacun y verra quelque chose à redire... seuls ceux qui ne font rien ne se trompent pas !
Remercions nos hôtes, Valérie et Vincent pour leur accueil ! Merci également à Patrick Le Provost et Emmanuel Le Maitre de Bâtipole pour avoir organisé cette réunion d'information. A signaler qu'une fiche technique sera éditée par cet organisme, ainsi qu'un film de 26 mn retraçant l'histoire du chantier, qui devrait sortir en février 2010.
Droit de réponse de l'architecte du projet, Pascal Ruffault de l'atelier d'Architecture VIDELO-RUFFAULT : Je souhaitais apporter quelques précisions :
- L'ouverture au dessus de la porte d'entrée était existante avant chantier. Elle a juste été consolidée.
- Inertie : malgré l'isolation de la paroi nord par l'intérieur nous avons suffisamment d'inertie au RDC pour ne pas craindre de surchauffe (dalle béton... faute de mieux ; 2 refends non isolés ; façade Sud dans le sas ; partie la plus ancienne : application de chaux-chanvre sur trois côtés ; deux murs chauffant en briques de terre crue entre chambres à l'étage et peut-être une cloison en brique de terre crue entre l'escalier et la cuisine. Nous avons également joué sur le déphasage des isolants en rampant et plafonds droits : 6 cm de fibre de bois (140 kg/m3) et 20 cm de ouate de cellulose (65 kg/m3).
- Perspirance au Nord : le placo, dans la configuration du projet, n'empêche pas le phénomène. Un vide technique a été créé entre le frein vapeur et la plaque. L'air y circule aisément. L'isolant (10 cm de ouate de cellulose) a été insufflé entre montants bois formant coffrage entre une maçonnerie ancienne dont les trous et fentes diverses ont été calfeutrées à la chaux et un frein-vapeur hygrovariable. Les transferts de vapeur d'eau peuvent s'effectuer sans encombre grâce au contact de ces différents éléments.
- Ventilation forcée ? il n'est pas prévu de motoriser la ventilation nocturne (peut-être qu'à terme les clapets de commande des grilles d'entrée d'air et d'évacuation le seront mais la quantité d'énergie dépensée est négligeable). Le débit de renouvellement d'air a été calculé pour un degré de confort correct. La seule contrainte du système est de devoir ouvrir les fenêtres hautes et basses, ainsi qu'une grille par chambre.
- Seul un bloc de ventilation simple flux hygro B fonctionnera en continu pour renouveler l'air, suivant la législation en vigueur...
Informations complémentaires fournies par le propriétaire, Vincent Aubin, en septembre 2011 :
Voilà maintenant plus d'un an et demi que nous vivons dans notre maison. Il est difficile pour moi de décrire en quelques lignes nos impressions. Ce qui est certains, c'est que l'on s'y sent bien. Nous avons un réel confort thermique. Jamais froid l'hiver et jamais trop chaud l'été (malgré que le système de ventilation "été" ne soit pas encore opérationnel).
L'hiver dernier, nous avons complété nos besoins en chauffage par notre petit poêle avec une corde de bois environ. Nous sommes quelque peu déçus du "rendement" du chauffage solaire. Nous n'avons pas su optimiser le transfert d'énergie du soleil à la dalle chauffante. J'ai travaillé sur les réglages cet été pour répartir au mieux le chauffage. Nous en verrons les conséquences l'hiver prochain. Il me semble aussi que l'intérieur de notre maison manque d'inertie. Nous aurions pu l'accentuer par d'autres matériaux intérieurs comme l'avait prévu Pascal Ruffault initialement(parois intérieures en terre). Nous n'avons pas connu de grand froid l'hiver dernier, cependant nous avons constaté que lorsque la température tombe à -8° à l'extérieur, il fait encore 9° dans la verrière (espace tampon).
L'été, la température au rdc ne dépasse jamais 23°. Quant à l'étage, une ventilation naturelle avec portes et fenêtres suffisent à limiter les excès de températures.
Pour terminer, nos consommations en électricité s'élèvent à 3100 kWh pour l'année dernière.
Restauration de la fontaine du Golven à Lanloup (22)
Cette belle restauration a été réalisée par Yann Chancerel, adhérent Tiez-Breiz, et ses amis...
Ouest-France du 28 août 2009
La Presse d'Armor du 29 avril 2009
Ouest-France du 4 juin 2009
Le Télégramme du 4 juin 2009
Découvrez quelques images de ce chantier ici.
Maison en danger à Ploëzal (22)
Ouest-France du 4 juillet 2009
Le bâti ancien s'expose...
... du 6 au 26 juin 2009
Techniques et savoir-faire, exposition,s démonstrations, conférences.
Au Service Départemental d'Architecture et du Patrimoine des Côtes-d'Armor 13 rue Saint-Benoît, 22000 Saint-Brieuc
Entrée libre et gratuite du lundi au samedi nocturne le vendredi 12 juin jusquà 21h30.
Retrouvez plusieurs de nos entreprises agréées. Venez découvrir les approches et les techniques mises en oeuvre dans le bâti ancien. Participez aux causeries les samedis 13 et 20 juin dans l'après midi par les artisans eux-mêmes.
Programme des conférences et démonstrations :
- Vendredi 12 juin 20 heures 30 - L'architecture de terre crue en Haute-Bretagne
- Samedi 13 juin Début d'après-midi - remplissage d'un pan-de-bois en hourdis de terre 16 heures - Évolution de la menuiserie et de la quincaillerie en France du XVème eu XVIIIème siècle
- Samedi 20 juin 14 heures 30 - Isolation et matériaux écologiques dans l'architecture vernaculaire. 16 heures - La menuiserie ancienne dans l'architecture vernaculaire. Dans l'après-midi - Atelier enfant avec un vitrailliste